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Championnat F.I.A. 1997 : « Le dernier échelon avant la F1 »
A l’image de toute première saison, l’objectif de Soheil dans le championnat F.I.A. de F 3000 est d’effectuer des coups d’éclats et d’apprendre cette discipline hyper concurrentielle. L’Aixois réalise un superbe début de saison. Pour le premier rendez-vous de Silverstone, le 11 mai, il se qualifie d’emblée 4e. 3e en course sous une pluie battante, Soheil se dirige déjà vers son premier podium, quand il s’accroche avec un autre Français, Cyril SAUVAGE, auteur d’une manœuvre très agressive. Resté sur le carreau de cette épreuve d’ouverture, il marquera son premier point à l’occasion de la course suivante, dans des rues de Pau qu’il connaît bien, en terminant 6e. C’est dès sa 3e course, le 25 mai, sur le tracé urbain et piégeux d’Helsinki, que le pilote Astromega va réaliser l’exploit de la saison. Parti de la 9e place, il profite des difficultés de la pistes (bosses, murs en béton, bouches d’égouts) pour remonter comme une fusée à la 2e place. Au 25e tour, revenu dans les échappements du leader TICHY, Soheil l’ajuste dans un freinage d’anthologie. Il creuse ensuite irrésistiblement l’écart pour terminer les 65 tours de course avec une confortable avance de 19’’.
La suite de la saison sera moins rose pour le pilote savoyard. Victime d’une coque fissurée sur sa monoplace qu’Astromega ne diagnostiquera que fin d’août, Soheil se donne à 110% lors des quatre courses estivales, mais en vain. Il retrouve les avant-postes à Spa, un de ses circuits préférés, en se qualifiant 3e sous la pluie. En course, une erreur de ZONTA en perdition au freinage de " L’arrrêt d’autobus " amènera Soheil a brisé son aileron avant et à abandonner au 10e tour. Il retrouve le chemin des points sur le splendide circuit du Mugello, en pleine toscane, où il termine 6e. De nouveau aux avant-postes, il manque de terminer la saison par un podium à Jerez, mais une manœuvre irréfléchie de son équipier, Boris DERICHEBOURG l’envoi hors piste alors que ce dernier pointait à un tour. Le bilan de cette première saison est excellent et Soheil, en se classant 8e et Meilleur Français du championnat avec 12 points et une victoire, a confirmé son rang de grand espoir du sport automobile européen.
« J’ai été rapidement dans le coup en F 3000, malgré l’important écart de puissante que séparait ces monoplaces d’une F 3. Helsinki restera un des trois meilleurs souvenirs de ma carrière. Malgré ma faible expérience de la F 3000, je me suis tout de suite senti très à l’aide sur ce bitume défoncé. Comme quoi quand la victoire est en jeu, vos capacités sont à leur maximum ! »
Championnat F.I.A. 1998 : « La belle aventure italienne »
Après une saison 1997 qui aura vue Soheil successivement vainqueur du Grand Prix F 3000 de Finlande, vainqueur de la Coupe du Monde F 3 à Macao et testé pour la première fois en F 1 au volant de la Williams Championne du Monde Pilotes et Constructeurs en titres, Soheil passe une intersaison mouvementée. Après un test F 1 réussi mais quelque peu tronquée par un bris de boite de vitesses, Soheil se voit devancé par MONTOYA dans le choix du poste de pilote d’essais Williams 1998. Qu’à cela ne tienne, l’Aixois est approché par Alain PROST en personne, soucieux de ne pas laisser filer à la concurrence un tel talent. Mais les choses traînent et Soheil, qui a mis en attente la piste F 3000 dans le cas où il deviendrait pilote d’essais, choisi sur le tard de disputer une deuxième saison dans l’antichambre de la F 1. Se devant de faire un choix parmi les top-teams restants, c’est avec l’écurie Durango que le Savoyard s’engage, une écurie modeste en matière de résultats mais compétente et terriblement motivée à l’idée de courir avec Soheil.
Le duo franco-italien se met rapidement au travail, et Soheil passe plusieurs semaines dans l’usine Durango, située près de Venise. La collaboration entre lui et son nouvelle ingénieur Massimo LOMBARDI se révèle efficace. Soheil procure à l’Italien son expérience d’une saison avec Astromega, et un véritable dialogue se crée. Les séances d’essais préliminaires seront là pour évaluer l’avancement en matière de mise au point. Même si Soheil semble satisfait de l’équilibre général de sa monoplace, ses réglages sont à affiner pour aller chercher les favoris pour le titre. Alors que le milieu du sport automobile ne semblait pas croire à l’association AYARI-Durango, Soheil fait taire ses détracteurs en signant le 4e temps des essais de la première épreuve de la saison, disputée à Oschersleben (Allemagne) le 11 avril. Au départ, il s’élance à merveille, mais est accroché et mis hors piste par MONTOYA alors que tous deux pilotes luttent pour la 2e place. Sa monoplace devenue inconduisible suite au contact avec le Colombien, il est contraint à l’abandon au premier tiers de course.
Quinze jours plus tard à Imola, le pilote Durango se qualifie 6e, et s’empare rapidement de la 3e place. Alors que trois tours restent à couvrir, le pilote Durango est victime de problèmes de freins avant et voit ses poursuivants se rapprocher à grands pas. Après avoir résisté pendant presque un tour, il s’arrête à deux boucles du drapeaux à damiers. A Barcelone, sur un circuit catalan qu’il affectionne tout particulièrement, Soheil réalise une fantastique qualification, luttant contre le futur champion MONTOYA jusqu’aux derniers instants. Au départ, il manque de caler. Son erreur le fait glisser en 8e place, mais Soheil veut marquer ses premiers points et au volant d’une voiture qui gagne en performance course après course, il réalise deux superbes dépassements et vient finalement chercher les deux points de la 5e place.
Sur le tracé rapide de Silverstone, où il disputa un an avant sa première course de F 3000, Soheil ne prend la piste que durant la première séance d’essais, où il se classe 6e. Comptant sur la seconde pour améliorer son classement, le Savoyard reste en effet toute la séance cloué devant son stand, victime de problèmes moteur. Qualifié logiquement à la 17e place, il est déjà 13e au 6e tour, mais se fait harponné par le Brésilien JUNQUEIRA, auteur d’un freinage pour le moins appuyé.
Monaco, le 23 mai, restera sans aucun doute le point noir de la saison du pilote Durango. Alors qu’il a survolé les essais libres et qu’il se bat pour la pole lors des qualifications, il effectue un tête à queue sans gravité et, en position dangereuse, décide de repartir. A ce moment, le Belge MOLLEKENS, gardant son rythme de qualifications malgré les drapeaux jaunes, déboule du virage et percute la voiture de Soheil. La première manche s’arrête là pour notre pilote, et sa participation à la seconde s’avère impossible en raison des dégats causés par l’accrochage. Malgré tout 6e sur la grille sans avoir disputé à la seconde séance, Soheil se voit désigné responsable de l’accrochage de la première, et enlever son meilleur temps. Cette décision des commissaires sportifs va éliminer Soheil de la course, puisque auteur d’un seul tour chrono lors de son tête-à-queue, son 2e temps le relègue hors des 26 pilotes qualifiés pour la course. Un week-end et une sentence difficile à supporter pour Soheil qui avait montré son envie de vaincre en principauté.
Une semaine plus tard, toujours en ville, Soheil a à coeur de se racheter à Pau, étape française du championnat. Une nouvelle fois en lutte pour la pole position, il échoue à 1 dixième de MONTOYA. Au volant d’une monoplace réglée pour la deuxième partie de course et alors qu’il est 3e, il voit les deux leaders s’échapper et le Brésilien WILSON revenir sur ses talons. Gêné par un retardataire, Soheil rate son point de corde à la chicane de " Foch " et touchera le rail. « Le bilan de cette première moitié de saison n’est pas satisfaisant. Bien que notre voiture est pratiquement revenue au niveau de celles des top-teams, nous n’arrivons pas à concrétiser, et j’en ai parfois été le responsable. Nous avons devant nous sept semaines et quelques séances d’essais pour nous refaire, et arriver au A1 Ring prêts pour la victoire ! »
C’est plus que fin prêts qu’arrivent Soheil et son équipe en Autriche. Pour preuve, un mémorable " Hat Trick " (Victoire, pole position, meilleur tour en course) que signe Soheil lors de cette course disputée la veille du Grand Prix F 1, et donc devant tout le gratin de catégorie reine. Soheil réussit à garder son avantage au départ, et s’élance pour un véritable cavalier seul. Lorsque MONTOYA passe 2e, tous pensent alors que le Colombien de l’écurie championne en titre Super Nova va croquer tout cru notre Savoyard. Mais c’est sans compter sur la ténacité de celui-ci et sur la perfection des réglages de sa Lola... Soheil enfonce le clou en signant record du tour sur record du tour, dont le dernier sera réalisé dans l’ultime boucle de ma course ! Avec une avance éloquente de 20’’ sur MONTOYA, Soheil vient cueillir son deuxième succès en F 3000 après Helsinki 97, une victoire aussi méritée par lui que par l’ensemble du team Durango.
Grâce à une belle qualification (3e), on pense que la course suivante disputée à Hockenheim va être une copie du A1 Ring, Mais alors que l’Aixois, 4e, s’apprête à regagner son bien perdu au départ, l’Urugayen RODRIGUEZ manque totalement son freinage sur une piste détrempée et amène Soheil à l’abandon au 3e tour. Nouvelle panne moteur pour Soheil au Hungaroring (Hongrie). Sur un circuit où les réglages sont si importants, le pilote Durango voit sa première manche annulée par un problème de pression d’essence. Dans la seconde, en manque de mise au point, il ne décroche qu’un modeste 19e temps. Bien décidé à tenter le tout pour le tout en course, il prend un départ de feu et passe le premier tour 16e. Rapidement 14e, il fond sur WILSON, mais alors que Soheil tente le dépassement celui-ci referme la porte et provoque l’accrochage.
A Spa, sur un de ces circuits favoris, Soheil décroche la 3e place aux essais, non sans avoir trusté la pole position. 4e dans le premier passage du célèbre raidillon de " L’eau rouge ", Soheil reprend immédiatement son bien. Il fond à coup de meilleurs tours en course sur les deux leaders MONTOYA et RODRIGUEZ mais bien qu’à l’affût de la moindre de leurs erreurs, manque de vitesse de pointe pour faire la différence. Il termine l’épreuve belge du championnat sur le podium, empochant 4 précieux points. Une nouvelle fois qualifié sur la 2e ligne (4e) sur le circuit d’Enna-Percusa (Sicile), Soheil prend un bon départ et, 3e, mène une course très intelligente. Au volant d’une voiture qui ne lui permet pas cette fois d’aller chercher les deux leaders HEIDFELD et MONTOYA, il repousse les attaques et décroche un nouveau podium.
Soheil rêve d’une nouvelle victoire pour la dernière manche du championnat, même si son " Pari Durango " est d’ores et déjà rempli aux yeux des observateurs. Qualifié 4e, Soheil est une nouvelle fois victime d’une décision injustifiée des commissaires qui l’amène à s’élancer finalement de la 5e place. Cette ultime chance de briller se termine au bout de 200 m. pour l’Aixois qui voit le Brésilien JUNQUEIRA faire un véritable " Strike " après avoir freiné sur l’herbe. A l’issue de son deuxième championnat de F 3000, Soheil termine une nouvelle fois Meilleur Français et 5e (20 points) du classement général.
« La saison 98 restera pour moi un réel bonheur, car même si le team Durango était loin d’être considéré parmi les favoris, nous avons su nous entendre à merveille, travailler dur et se soutenir mutuellement pour rejoindre les leaders et gagner. Mon meilleur souvenir en F 3000 pour le moment. »
Championnat F.I.A. 1999 : « Une saison crescendo »
La saison 1998 passée au sein du team Durango restera une des meilleurs souvenirs de Soheil, tant humainement qu’en matière de résultats. Avec un team modeste sur le papier mais diablement compétent et motivé, le pilote Savoyard a réussi le pari de se battre aux avant-postes régulièrement. Mais pour le Savoyard le but ultime demeure le titre, et après une bonne saison 97 puis un challenge réussi en 98, il faut désormais viser cet objectif. Pour ce faire, une seule solution : signer tôt, avec une équipe expérimentée ayant un important pouvoir technique et très motivée. Aussi, quand Hugues DE CHAUNAC demande à Soheil de disputer ensemble la saison 1999 de F 3000 en signant dès octobre 98, le pilote Aixois lui répond par l’affirmative. Le célèbre patron de l’écurie Oreca a déjà connu de nombreux succès en sport automobile, et le programme d’intersaison qu’il propose à Soheil est digne de ses ambitions pour 1999. Celles-ci sont les mêmes que Soheil, et les deux hommes se mettent rapidement au travail. Un mois seulement après la dernière course 98 de F 3000, Soheil est déjà au volant d’une Oreca encore aux couleurs de l’année en cours. Mais l’important est d’accumuler les kilomètres, et épaulé par son nouvel ingénieur, le Belge Etienne RICHELE, Soheil teste sur la plupart des tracés méridionaux (Le Castellet, Monza, Barcelone, Jerez, etc.). La seule inconnue à cette belle équation reste que le châssis utilisé pour les tests ne sera pas exactement le même que celui du championnat 99. En effet, le règlement de la F.I.A. interdit aux teams d’utiliser avant le 1er janvier 99 les châssis Lola T99/50, qui équiperont tous les teams du championnat F 3000 de début 1999 à fin 2001.
Après avoir réalisé près de 10 journées d’essais au volant de l’ancien châssis Lola, le duo AYARI-Oreca fait enfin connaissance avec leur nouvelle monture. Côté réglages, la crainte d’une importante différence de comportement par rapport au châssis Lola 98 se confirme, réduisant immédiatement les effets du travail de fond mené en 98. La majeure partie du travail de mise au point est à refaire sur ce tout nouveau châssis, et très peu de séances d’essais sont mises à la disposition des teams. Il ne bénéficieront en effet de pas plus de 6 journées officielles et un maximum de 5 privées. Confrontée aux autres teams lors des séances d’essais officielles, l’équipe française sait qu’elle a du retard dans la mise au point de sa monoplace quand elle arrive à Imola (1er mai), manche d’ouverture de la saison. Qualifié à une modeste 14e place et bloqué dans un peloton toujours aussi animé, Soheil est victime d’un accrochage avec le brésilien MAURICIO à la mi-course. Quinze jours plus tard, à Monaco, Soheil signe les meilleurs temps aux pré qualifications mais ne peut confirmer sur la grille. Il s’élance 9e au volant d’une monoplace en progrès, mais cale au départ et sur un circuit réputé pour rendre très difficiles les dépassements, il ne passera le plus clair de sa course englué dans le peloton.
Barcelone montrera que les efforts du duo AYARI-Oreca commencent à porter leurs fruits. Le travail réalisé par Etienne RICHELLE et Michel LECOMTE, venu en renfort depuis le début de l’année, permet à Soheil de se battre de plus en plus parmi les leaders. Le pilote Oreca se qualifie 4e, mais hésitant au feu vert il se retrouve côte à côte avec FONTANA au premier virage. Placé à l’intérieur, l’Argentin joue des roues et prend appui sur la monoplace de Soheil pour le dépasser. L’Aixois est immédiatement envoyé dans les graviers, et regagnera la piste en 17e position. Au prix d’une superbe remontée et de quatre dépassements, il se classera 10e. Traditionnellement disputée des les rues de Pau, la manche française de la saison fait étape à Magny-Cours en raison du rapprochement de la F 3000 avec la F 1. 10e temps aux essais au volant d’une voiture peu efficace dans les virages serrés, Soheil adopte une tactique osée en course en optant pour des réglages sec alors que la piste est détrempée au moment du départ. S’il souffre durant la première moitié de la course en contenant ses adversaires pour la plupart chaussés en pneus mixtes, le pilote Oreca constate au fil des tours une amélioration du comportement de sa Lola... et des conditions climatiques. Rapidement, il dépasse trois concurrents et font sur le groupe des 5e, 6e et 7e à raison d’une seconde plus rapide par tour. Mais bien qu’il confirme en signant plusieurs fois de suite le record du tour, il lui manquera deux tours pour pouvoir faire la jonction avec ses adversaires.
C’est à la mi-saison que Soheil va engranger ses premiers points, marquant le commencement pour lui et son team d’une excellente seconde partie de saison. A Silverstone, le 10 juillet, il se qualifie 4e et termine au même rang, non sans avoir pris un excellent départ et s’être défendu jusqu’à la mi-course pour le gain de la 2e place. Mais l’usure prématurée de ses pneus l’oblige à céder face à JUNQUEIRA, puis HEIDFELD. Fidèle à un circuit du A 1 Ring qui célébra sa victoire un an plus tôt, Soheil s’élance de la 4e place, et prend une nouvelle fois le sillage du leader HEIDFELD dès le premier virage. Mais cette fois, il ne laisse à personne le soin de lui voler son bien, et après avoir chatouiller le futur vainqueur du championnat, le pilote Oreca termine à une belle 2e place.
Même s’il ne se qualifie que 8e sur la grille de l’épreuve d’Hockenheim fin juillet, Soheil est confiant car sa monoplace peut maintenant lui permettre de se battre pour la gagne, et le tracé allemand offre plusieurs zones de dépassements. Mais c’est une nouvelle fois FONTANA qui pousse le français hors piste à l’issue d’une manœuvre très dangereuse, puisqu’il tasse Soheil à plus de 270 km/h et endommage son aileron avant. Contraint de rentrer au stand, l’Aixois reprendra la piste 18e pour finir en 12e position, non sans avoir fait partie des meilleurs tours en course. Les bonnes performances de Soheil continuent en Hongrie sur le tortueux circuit du Hungaroring. Malgré une qualification en 9e position, il réalise comme à son habitude depuis la mi-saison un excellent départ et gagne deux places. Grâce à un nouveau dépassement et à quelques abandons, Soheil s’empare une nouvelle fois de la 4e place.
Bien qu’il mène les débats durant la plus grande partie des essais à Spa, Soheil glisse à la 7e place sur la grille à cause d’une tactique peu adaptée aux conditions métrologiques. Furieux d’avoir laissé passer une pole à Spa, il réalise un envol de feu, en se positionnant déjà 3e au bout d’un kilomètre de course. Mais le Brésilien JUNQUEIRA le talonne et tente un dépassement impossible, amenant immédiatement les deux hommes à l’abandon. Le Nürburgring (25 septembre) constitue la dernière chance pour Soheil de signer une victoire qui concrétiserait la montée en puissance du team Oreca. Qualifié 6e, Soheil ne veut pas lâcher le groupe de tête et prend tous les risques au départ pour se placer 4e à l’abord du premier virage. Mais sa voiture ne donne le meilleur d’elles qu’en seconde partie de course, permettant à Soheil de revenir tout de même à 2’’ du 3e WILSON.
« Je termine ma saison 99 à la 7e place du classement général avec 15 points, mais sans victoire à mon actif. Si le résultat brut de cette année me déçoit, je tire en revanche beaucoup de satisfaction de cette saison, car elle m’a permis de travailler sur le côté technique de mon métier comme jamais. Ensuite, je suis vraiment fier que nous ayons pu refaire surface dans les six dernières courses, en décrochant trois 4e places et une 2e. Notre retard était tel en début de saison que cette remontée ne peut que nous réjouir. »
Championnat F.I.A. 2000 : « Une saison en enfer »
Fin 99, Oreca informe Soheil de sa décision de ne finalement plus poursuivre l’aventure F 3000 l’année suivante. Le pilote Carglass, qui a toujours su rebondir sur les mauvais coups du sort, décroche immédiatement son téléphone et contacte tous les teams disponibles.
« Le but était avant tout de trouver une structure solide techniquement, c’est-à-dire avec de bons mécaniciens, et qui nous laisse mon ingénieur Michel LECOMTE et moi une grande liberté pour mettre la voiture au point. Car nous voulions avant tout profiter du travail de réglages réalisé avec Oreca l’année précédente. C’est le team Coloni qui a accepté le challenge... du moins en début d’année. »
Car petit à petit Soheil et Michel LECOMTE peinent à imposer leurs choix. Au nombre restreints d’essais libres et officiels s’ajoute la volonté des dirigeants de Coloni de vouloir tester leurs propres réglages. Pour la manche d’ouverture disputée à Imola, Soheil s’installe dans une monoplace peu adaptée à son pilotage. Les interminables discussions techniques entre Coloni et Soheil ont fortement ralenti la mise au point de la monoplace. Mais si Imola se solde par un score vierge, Soheil parvient à composer avec les difficiles conditions atmosphériques lors du rendez-vous suivant, à Silverstone. 6e sur la grille, il termine au même rang sur une piste horriblement piégeuse.
On pense alors que la sauce entre Soheil et Coloni commence à prendre et Barcelone, troisième épreuve de la saison, semble en être la preuve. Mais vu de l’intérieur, Soheil sur-conduit une voiture avec laquelle il est loin de pouvoir se donner à 100%. Toujours très à l’aise sur le tracé catalan, il vise la 3e place en course mais le bris d’une pièce de la roue le contraint à l’abandon. Alors qu’il peut à nouveau tirer son épingle du jeu, la malchance le poursuit lors de la course suivante au Nürburgring, où parti 7e il se fait percuter au second virage par des concurrents en perdition. A Monaco, Soheil ne trouve pas son rythme en qualification et s’élance 15e en plein cœur de la meute. Son pilotage, qui fait d’habitude la différence en ville, ne peut s’exprimer au volant d’une voiture réglée par Coloni. Il termine sa course en se faisant percuter par l’Italien PICCINI. A Magny-Cours, Soheil et Michel LECOMTE réussissent à imposer leur choix : régler la voiture pour le sec alors qu’une fine pluie s’abat sur le circuit au moment du départ. Parti 12e, Soheil remonte à la 7e place, et voit la porte des points s’ouvrir lorsque SARRAZIN fait une excursion hors piste sous ses roues. Le Gardois, bien décidé à garder sa 6e place, poussera Soheil hors piste par une manœuvre peu sportive.
C’est sur le A1 Ring, circuit qui a toujours réussi à Soheil (victoire en 98, 2e en 99) que la collaboration AYARI-Coloni va toucher à sa fin. Auteur d’un étonnant choix tactique, Soheil profite de la fine pluie du début des essais pour s’élancer immédiatement dans ses tours rapides. Evoluant en pneus pluie, il creuse un incroyable écart de 1,5’’ sur ses poursuivants alors que la pluie s’intensifie. " Si je me savais à l’abri de mes adversaires pendant une bonne partie de la séance, je savais également que l’éclaircie du début de seconde séance allait m’amener à devoir défendre ma pole. Alors que je restais en piste pour faire évoluer mes repères de freinages sur la piste séchante, Coloni a pensé la pole position acquise et m’a demandé de revenir au stand. " Les prédictions du pilote Aixois se révélèrent juste, puisqu’il perdit son leadership à deux minutes de la fin, reculant par la même en 12e position. Suite à cet épisode Soheil préfère se donner une chance de finir la saison dans de meilleures conditions. Alors qu’il reste deux courses (Coloni étant parvenu à empêcher Soheil de courir pour un autre team pendant l’épreuve d’Hockenheim), Soheil signe avec l’écurie WRT. Bien qu’il retrouve dans sa nouvelle équipe un réel dialogue avec son nouvel ingénieur Mauricio NARDONE, il découvre la voiture et ne signe qu’un modeste 21e temps lors des qualifications du Hungaroring. Cependant, la course montrera la rapidité d’adaptation du pilote WRT puisque sur ce tracé réputé pour sa difficulté à dépasser, il remonte jusqu’à la 13e. A Spa, un mauvais choix de suspensions pendant les essais hypothéquera ses chances en course. Parti 15e, il sera contraint à l’abandon après un accrochage avec MONTAGNY, alors qu’il était revenu 10e.
« Cette saison a été pour moi un réel gâchis. Ma motivation et notre acquis technique auraient dû nous permettre de bien figurer, mais le dialogue avec Coloni n’a jamais pu s’instaurer. J’aurais vraiment aimé amener à WRT un bon résultat, mais notre relation a été simplement trop courte. »
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